Trente mille jours…

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Je m’interroge sincèrement sur les bienfaits présumés de toutes ces injonctions autour du bien-être impérieux, du bonheur sans relâche, de la sérénité modélisée et de la positivité inconditionnelle.

Faut-il être sceptique et ricaner devant cette quête devenue omniprésente ? Se convertir avec enthousiasme aux recettes du bonheur ? Ou choisir une posture en demi-teinte, faite de tentatives, de doutes, de nuances et de quelques certitudes incertaines ?

Cette dernière voie me convient assez bien.

Et puis, il y a cette idée vertigineuse : une vie compte, plus ou moins, trente mille jours.

Trente mille jours.

Dit comme cela, c’est si peu…

Alors, comment ne pas dilapider ce précieux capital par inattention ?

Que veut dire le mot « bonheur » dans la panoplie quotidienne de nos états d’âme ?

Nos pensées, nos ressentis, nos émotions se mêlent et s’emmêlent. Et il semble parfois si compliqué de se sentir bien, simplement, sans exaltation particulière, sans moments extraordinaires, malgré la routine, les contraintes ou le chaos de la vie quotidienne.

Peut-être avons-nous aussi à apprendre à reconnaître ce qui est là lorsqu’il ne se passe rien d’exceptionnel.

Le temps file entre les doigts.

À force d’attendre le meilleur, le mieux, l’autre part ou l’autrement, nous risquons de traverser certains moments sans vraiment les regarder.

Alors, restons les écrivains de notre histoire. Revisitons-en quelques chapitres, tirons-en ce qui peut encore nous servir et ajoutons, lorsque c’est possible, un peu de fantaisie et d’humour.

Je garde ce pressentiment : il est précieux de s’offrir parfois une pause réflexive autour de ce qui fait sens et plaisir pour soi.

Et de laisser une place à la gratitude, même lorsque tout n’est pas comme nous l’aurions voulu.

Non pour se convaincre que tout va bien.

Mais pour ne pas laisser ce qui manque, déçoit ou résiste nous rendre aveugles à ce qui est déjà là.

Trente mille jours.

Cela mérite peut-être que nous y prêtions attention.

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