• Voyager immobile…

    Voyager immobile…

    Voyager immobile.

    S’offrir le nectar de bonheurs minuscules.

    Rester libre de penser, de partager, de s’exprimer. Dénouer les entraves de la peur. Protéger ses ailes fragiles.

    Un jour, elles se déploieront dans la poussière du vent et le souffle de la liberté.

    Pour le moment, apprécier les fleurs de l’attention et de la gentillesse.

    Et mesurer sa chance, surtout, de les trouver sur son chemin.

  • Vivre en pleine conscience…

    Vivre en pleine conscience…

    Aimez-vous l’intelligence des mots, la richesse d’une iconographie, la profondeur d’une réflexion, la simplicité d’une vraie sensibilité artistique ?

    Aimez-vous aussi les livres appréciés comme des objets : un beau papier, une impression soignée, des caractères agréables, une mise en page raffinée ?

    Et souhaitez-vous découvrir ou approfondir la méditation de pleine conscience, ses richesses, la simplicité apparente de sa théorie et la complexité de sa pratique ?

    Si oui, cet ouvrage de Christophe André pourrait bien vous plaire.

    Christophe André occupe une place particulière dans ma bibliothèque et dans mon parcours. Je le présente volontiers comme mon « maître à penser ».

    J’aime sa manière d’associer connaissances, sensibilité, attention au réel et pratique de la méditation, sans jamais enfermer la pensée dans une doctrine. Et je suis infiniment sensible à la qualité littéraire de ses textes : à la précision des mots, à la simplicité de son écriture, à cette façon de rendre une pensée profonde accessible sans jamais l’appauvrir.

    Chez lui, la forme participe pleinement à ce qui se transmet.

    (suite…)
  • La liberté de choisir ses mots

    La liberté de choisir ses mots

    J’aime les mots. Je les aime pour leur force et leur douceur, leur musique, leurs capacités évocatrices. Leurs limites aussi.

    Et écouter les mots utilisés par les autres me fascine.

    Les mots que nous choisissons influencent notre manière de penser. Et notre manière de penser influence, à son tour, les mots que nous choisissons.

    C’est fascinant et inquiétant à la fois.

    Prêter attention à son propre vocabulaire permet parfois d’entendre autrement ses réflexions, ses jugements, ses ruminations ou ses certitudes.

    Certains mots enferment. D’autres ouvrent une possibilité, introduisent une nuance, déplacent légèrement le regard.

    Il ne s’agit pas de penser « correctement », encore moins de repeindre artificiellement ce qui nous arrive avec des mots plus positifs. Mais plutôt de repérer les expressions qui reviennent, les petites ritournelles intérieures auxquelles nous finissons par ne plus prêter attention.

    « Je dois » en est une.

    Que se passe-t-il si je m’arrête un instant sur ces deux mots ?

    Qui ou quoi m’impose ce devoir ? Est-il réellement incontournable ? Est-ce encore mon choix ? Puis-je le remplacer par « je veux », « je choisis », « je préfère »… ou constater, au contraire, que je dois vraiment faire quelque chose dont je me passerais volontiers ?

    Le changement d’un mot ne change pas magiquement la réalité.

    Mais il peut changer la question que je me pose.

    Dans l’accompagnement, cette attention portée aux mots est précieuse : écouter, reformuler, relever une expression qui revient, s’arrêter sur un mot plutôt que sur un autre.

    Parfois, quelques mots suffisent à ouvrir un chemin de traverse dans une pensée devenue un peu trop familière.

    Et à retrouver un peu d’espace pour choisir.

  • Le fil de son histoire…

    Le fil de son histoire…

    S’asseoir sur la berge du fil de son histoire et l’observer sans réticence, sans regret, sans aigreur…

    Laisser errer son regard et entrevoir encore ce qui ne se voit pourtant plus.

    Se souvenir de ce qui s’est déposé dans le lit de la rivière : larges pierres de la mémoire, petits cailloux pointus des éraflures anciennes, souches puissantes d’émotions résurgentes.

    Laisser s’éloigner les éclaboussures scintillantes des lancers de galets sur l’eau, délicates expériences plus ou moins réussies.

    Et aimer cet instantané de bruissement, de lumière, de puissance paisible.

    Pour un moment magique, se sentir juste en phase avec soi, ses souvenirs, son autobiographie…

  • Comprendre ne change pas le passé

    Comprendre ne change pas le passé

    Il y a des colères qui ne passent pas.

    Des blessures qui restent vives malgré le temps, des tensions intérieures qui finissent par envahir les relations, le quotidien ou l’image que chacun peut avoir de soi-même.

     

    Depuis quelque temps, je m’interroge sur ce qui maintient certaines blessures si présentes, sur les reproches qui ne s’effacent pas et sur la manière dont certaines histoires familiales continuent d’agir silencieusement dans les vies adultes.

    Une question revient souvent dans les accompagnements ou les échanges : celle du lien aux parents. Qu’il soit conflictuel, absent, ambigu ou encore très présent, ce lien semble parfois continuer à influencer profondément certaines manières de réagir, de se protéger ou de souffrir.

    Ces réflexions m’ont amenée vers l’ouvrage Vos parents ne sont plus vos parents, de Marie-France et Emmanuel Ballet de Coquereaumont, puis vers l’exploration du concept d’« enfant intérieur » — un terme qui, jusqu’à présent, ne m’attirait pas particulièrement. Sans doute parce que je le connotais de manière un peu simpliste et que je me méfiais de l’abondance de son usage.

    Pourtant, derrière cette expression se cache peut-être quelque chose d’essentiel : la persistance de blessures anciennes, de besoins non entendus ou de colères qui continuent à chercher une forme de reconnaissance.

    Je m’interroge aussi, avec prudence, sur ces situations où certaines personnes semblent rester enfermées dans une colère très vive envers leur histoire familiale, comme si l’apaisement demeurait hors de portée. Je comprends profondément que cela puisse être le cas dans des situations graves de maltraitance ou de violence.

    Mais dans d’autres histoires, plus nuancées, une question me traverse :

    À quel moment la colère cesse-t-elle de protéger pour commencer à enfermer ?

    Et quels chemins permettraient progressivement de ne plus rester entièrement défini par ce qui a manqué ou blessé ?

     

    Comprendre ne change pas le passé.

    Mais cela peut transformer la manière de continuer à vivre avec lui.