La liberté de choisir ses mots

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J’aime les mots. Je les aime pour leur force et leur douceur, leur musique, leurs capacités évocatrices. Leurs limites aussi.

Et écouter les mots utilisés par les autres me fascine.

Les mots que nous choisissons influencent notre manière de penser. Et notre manière de penser influence, à son tour, les mots que nous choisissons.

C’est fascinant et inquiétant à la fois.

Prêter attention à son propre vocabulaire permet parfois d’entendre autrement ses réflexions, ses jugements, ses ruminations ou ses certitudes.

Certains mots enferment. D’autres ouvrent une possibilité, introduisent une nuance, déplacent légèrement le regard.

Il ne s’agit pas de penser « correctement », encore moins de repeindre artificiellement ce qui nous arrive avec des mots plus positifs. Mais plutôt de repérer les expressions qui reviennent, les petites ritournelles intérieures auxquelles nous finissons par ne plus prêter attention.

« Je dois » en est une.

Que se passe-t-il si je m’arrête un instant sur ces deux mots ?

Qui ou quoi m’impose ce devoir ? Est-il réellement incontournable ? Est-ce encore mon choix ? Puis-je le remplacer par « je veux », « je choisis », « je préfère »… ou constater, au contraire, que je dois vraiment faire quelque chose dont je me passerais volontiers ?

Le changement d’un mot ne change pas magiquement la réalité.

Mais il peut changer la question que je me pose.

Dans l’accompagnement, cette attention portée aux mots est précieuse : écouter, reformuler, relever une expression qui revient, s’arrêter sur un mot plutôt que sur un autre.

Parfois, quelques mots suffisent à ouvrir un chemin de traverse dans une pensée devenue un peu trop familière.

Et à retrouver un peu d’espace pour choisir.

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